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Technologie

Trocart Unique

Mis en ligne le lundi 21 octobre 2013

En décembre 2012, le Dr Monique Le Maréchal, chef du pôle Chirurgie et chirurgien gynécologue-obstétricien de l’établissement, pratiquait la 130ème opération par trocart unique ; l’occasion pour elle de présenter cette technique de cœliochirurgie.

Qu’est-ce qu’un trocart, à quoi ça sert ?

L’utilisation de trocarts est intrinsèque à la coeliochirurgie (encore appelée chirurgie vidéo-endoscopique). Cette technique chirurgicale mini-invasive permet à la fois d’explorer et d’opérer à partir d’une image apparaissant sur un écran. Cette image est transmise par un tube muni d’une optique (le trocart), introduit dans l’organisme généralement au niveau du nombril. En coeliochirurgie classique, d’autres incisions latérales sont nécessaires, pour faire passer d’autres instruments (pince tractrice, ciseau électro-coagulateur) en vue d’obtenir une coagulation locale, matériel de suture ou de ligature, aspiration, irrigateur. On connaît les bénéfices de cette chirurgie pour le patient : diminution de l’agression chirurgicale pour le corps, diminution du risque infectieux, de la durée d’hospitalisation, du risque esthétique.

Qu’apporte la technique d’opération par trocart unique à la coeliochirurgie ?

Au lieu de pratiquer trois incisions, nous n’en pratiquons plus qu’une, au niveau du nombril. Le bénéfice est bien entendu esthétique pour le patient mais pas seulement. La phase post opératoire est moins douloureuse pour le patient car on n’est pas passé par le muscle (hématomes potentiels dans la technique triangulaire). De plus, cette technique conforte la prise en charge ambulatoire. Enfin, on évite le risque de diffusion d’ascite (épanchement liquidien intra-abdominal) via les incisions réalisées pour les trocarts latéraux.

Comment se présente l’instrument ?

Deux types sont utilisés au CHBA, tous les deux à usage unique. Le trocart comprend quatre canaux opérateurs qui accueillent soit la caméra, soit les autres instruments (pinces, ciseaux, etc.). Le choix entre les deux types dépend du geste réalisé, de la taille de la pièce opératoire à extraire et des antécédents chirurgicaux du patient.

N’y a-t-il aucun frein au déploiement de cette technique ?

Cela demande une phase d’adaptation que je fixerai à une dizaine d’interventions. En effet, il faut apprendre à opérer en croisant les mains au-dessus de la zone à opérer, tandis que dans la technique à trois ou quatre trous, on opère suivant la technique de la triangulation, les bras écartés.

S’agissant des actes dans ma spécialité, quasiment toutes les opérations sur le petit bassin peuvent être exécutées via cette technique. Citons l’ablation des ovaires, les grossesses extra-utérines, la torsion d’annexe, la ligature des trompes, certains traitements de cancer comme celui de l’utérus. La technique intéresse aussi la chirurgie viscérale (ablation de la vésicule biliaire par ex.) et urologique. Même le curage lomboaortique, qui est une intervention difficile peut l’être grâce à cette technique (mis en œuvre notamment à l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif).

Depuis quand mettez-vous cette technique en œuvre ?

J’ai découvert cette technique à l’occasion d’un congrès de la société de chirurgie gynécologique et pelvienne en juin 2010. J’ai passé une journée au bloc avec le Pr Agostini de Marseille, avec d’autres confrères venus comme moi se former et j’ai débuté cette technique au CHBA le 02/12/2010. Aujourd’hui, nous sommes deux chirurgiens à utiliser le trocart unique et d’autres confrères se disent intéressés, dans diverses spécialités. Je ne doute pas de son succès dans très peu de temps.

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